Ajourd’hui je choisi de faire un petit clin d’oeil à l’ethnie Sénoufo
Le pays Sénoufo s’étend sur trois états : la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali. L’ethnie Sénoufo compte environ 1.500.000 individus répartis en plus d’une trentaine de sous-groupes. Chaque sous-groupe possède ses caractères propres mais ils sont tous liés par quelques traits culturels caractéristiques qui font l’unité des Sénoufos : la langue, les patronymes, l’organisation sociale et religieuse.
Les Sénoufos vivent dans des villages isolés n’entretenant de relations qu’avec leurs voisins immédiats. Ces villages forment autant de terroirs autonomes et indépendants sans pouvoir hiérarchisé ou centralisé. C’est une société lignagère, l’autorité à l’intérieur du clan revient au patriarche.
Le chef de terre est un descendant du lignage fondateur du village, il est gardien et dépositaire du fétiche du village. Ses prérogatives s’exercent dans le domaine foncier et plus généralement à tout ce qui touche à la terre. Mais malgré ses prérogatives importantes ce n’est pas un chef politique.
Au sein d’une famille, l’ainé exerce une ascendance morale et spirituelle sur les autres membres. C’est lui qui préside le collège des sages (les anciens), qui protège le fétiche familial et veille aux rituels qui lui sont dus. Il organise par ailleurs les travaux agricoles collectifs et il représente la famille à l’extérieur.
Le pays Sénoufo bénéficie d’un climat et de sols très favorables à l’agriculture. On y cultive mil, maïs, haricot, fonio, pois de terre, patate douce, igname, arachide, sésame, tabac, coton, et riz dans les bas-fonds… L’arboriculture fruitière y est également très développée avec de vastes vergers de manguiers, orangers, papayers, citronniers et bananiers.
Jadis, la chasse était la deuxième grande activité économique des Sénoufos. Ils avaient la réputation d’être de redoutables chasseurs d’éléphants. Hélas, aujourd’hui, il ne reste que le petit gibier: lièvre, perdrix, canard sauvage, singe, …
Quand on parcourt le pays Sénoufo en saison sèche, on peut voir, à proximité des villages, des taches vertes sombres qui dominent la brousse jaunâtre ; ce sont les Bois Sacrés, restes de la forêt primordiale, lieux préservés, lieux réservés au Poro.
Le Poro est une société secrète, hiérarchisée en classe d’âge qui gère les connaissances traditionnelles. Sous la conduite des anciens initiés, l’enseignement à « l’université sénoufo » est long et astreignant. Après trois cycles de sept ans, il accède lui aussi au statut d’initié. Pendant toutes ces années, il apprend les lois secrètes des génies qui dominent les hommes
Mais l’initiation au Poro comprend également un enseignement plus matériel ; calendrier des travaux agricoles, techniques artisanales diverses…
Voici un exemple d’objet réliasé en bois sacré : la chaise à palabre Sénoufo !













